
Roman
Jacques Aboucaya 05/06/2018 Commenter • Ecrire un article
Avec J’ai pas tué Gérard, enfin je crois… (2), Laurence Kleinberger signe un premier roman plutôt gothique. Le titre laisse déjà augurer de la suite, pour ce qui est du style. Résolument oral. Familier, voire, de ci de là, scatologique. Volontairement relâché. Provocateur en diable. Tendance, en un mot. Avec ce que cela suppose de pittoresque et, parfois, de facilité. On balance entre le polar et le cochon. On se dit d’abord qu’à vouloir trop casser les codes, l’auteur risque de nous casser autre chose. Et puis les réticences initiales sont vite balayées. On se laisse prendre. Par la vivacité, le rythme. Par les personnages. Prenante, en effet, et sans restriction,
Franckie Apfelstrudel, la narratrice de cette histoire échevelée. Elle en est l’héroine. Une jeune femme à la fois exaltée et dépressive. Bourrée en permanence de tranquillisants. De sédatifs. D’antidépresseurs.
D’anxiolytiques. Cliente assidue des sites de rencontres et d’un psy bien particulier, le Dr Kahn (il jouera dans l’intrigue un rôle non négligeable).
Bien de son époque – et mal dans sa peau. Férue de chansonnettes qu’elle écoute en boucle, casque rivé aux oreilles.
Laurence Kleinberger
J’ai pas tué Gérard, enfin je crois…
A-t-elle tué Gérard, son ancien amant? De son cadavre défiguré, émerge
Editions du Basson
un petit détail anatomique, « triste et tout fripé », qui l’en persuade. Pour faire bonne mesure, git à son côté Marie-Edwige, sa remplaçante dans la vie de Gérard. Mais sont-ce bien là les deux victimes ? Et si elle n’est pas la meurtrière, qui donc les a trucidées ? Et pourquoi ? Tel est le point de départ d’une aventure rocambolesque et hilarante. Menée tambour battant. Peuplée de personnages hauts en couleur. Les meurtres s’y accumulent, les assassins potentiels aussi. Et les liasses de gros billets. De quoi radicalement changer l’existence de Franckie. Un suspense nourri de rebondissements incessants.
Une manière de road movie auquel participent d’improbables protagonistes. Parmi eux, une quinzaine de bikers bataves. En expédition punitive, ils pétaradent sur leurs Harley. Sans compter quelques carpes aux écailles moirées, objets d’un juteux trafic. Un vrai trésor. Il ne faudra rien moins que l’intervention des services secrets pour résoudre l’énigme. Laquelle, partie d’un fait divers crapuleux, acquiert une dimension internationale. Tant il est vrai que les petits ruisseaux…
Jacques Aboucaya
2. Laurence Kleinberger, J’ai pas tué Gérard, enfin je crois…., Ed. du



